lundi 4 mai 2009
Stop
J'ai fait un malaise et perdu connaissance chez moi. Je me suis "juste" fait une énorme bosse sur le front en tombant. Je me suis réveillée par terre, sur le carrelage de mon salon, à 15h30... heure du début des cours. Bien sur il est possible d'aller tout de suite en cours, de prendre un mot de retard au secrétariat et d'entrer en cours. Mais rien n'est plus possible. Je n'ai plus la force de rien. Demain c'est rebelote avec le croquis. Et jeudi j'ai dessin. Et les projets s'accumulent, et je ne peux rien faire. Je suis engloutie dans une torpeur d'ides noires. Je n'ai pas envie de mourir, c'est juste que ça me semble être l'unique solution. C'est comme les gens surendettés qui se suicident parce qu'ils n'ont pas d'autre solution. Non seulement je suis bloquée de partout, je déçois tout le monde, je me sens nulle nulle nulle. En plus de ça je fais souffrir les autres, ou pas, je ne sais pas vraiment si quelqu'un en a quelque chose à faire de la souffrance inouie au fond de moi. Je n'ai plus la force de me relever, je ne peux plus. Il suffirait juste de fermer les rideaux de mon appartement, de couper les téléphones et de m'allonger au fond du lit pour disparaitre sous ma couette. Le seul endroit qui m'apporte un peu de répit. Je voudrais me blottir dans vos bras je voudrais redevenir enfant je voudrais être au chaud dans le ventre de maman. Je ne suis pas adulte ni même ado et encore moins enfant, je ne suis rien. J'ai vécu plus qu'un vieillard, je n'ai pas l'énergie du jeune ni l'innocence de l'enfance. Je suis usée j'ai envie de lacérer mon corps de toutes parts de le bruler vif de le déchiqueter. Je n'en peux plus. Je ne veux voir personne parler à personne. Je n'ai rien à dire je n'ai pas d'idée sur rien je ne peux répondre à aucune question je suis incapable de me projeter dans une heure alors ne me parlez pas de demain, du week-end prochain ou de l'été à venir. Je suis hors du temps je ne comprends plus rien je voudrais appuyer sur le bouton "stop". M'arrêter. Tout en sachant que je ne repartirai jamais. Je n'en aurai pas la force. Faites ce que vous voulez de moi, m'euthanasier étant la meileure solution pour la société, moi je ne fais plus rien. je m'arrête et vous regarde défiler vous agiter vous démener. Vous êtes courageux d'où vient votre force? Je suis molle et dépourvue de volonté, ou plutôt j'ai tant usé de ma volonté ces dernières semaines pour repartir et repartir et repartir coute que coute. Je n'en ai plus en réserve. Je ne peux plus, et vous ne pouvez rien, et personne n'y peut rien. Inadaptée à la vie, j'ai toujours su que je l'étais.
samedi 2 mai 2009
Trois.
Elle dort, elle est fatiguée, laissons-la se reposer. Laissons-la reposer en paix. Ce soir je vais mourir. Dit comme ça, ça fait théâtral, ça fait une peu la fille qui voudrait être la grande héroïne d’une tragédie. Car tragédie il y aura et elle le sait bien. Ce soir je vais mourir mais en fait je suis déjà morte. Ça ils ne l’ont pas compris, personne ne peut le savoir. Je suis morte de l’intérieur, glacée, vieille déjà. J’ai trop vécu, trop ressenti, trop avalé de larmes dans mon corps qui n’en n’expulse plus une depuis longtemps déjà. Je ne pleure pas, jamais. En fait si, mais les larmes se déversent en flot continu à l’intérieur, sans jamais trouver d’issue. Le chagrin se ressasse, se renchérit de lui-même, saisit chaque parcelle de négatif et l’ajoute à la liste des bonnes raisons. Des bonnes raisons pour mourir ce soir. Le scénario est écrit à l’avance, le film est très mauvais, la réalisatrice en a parfaitement conscience. L’arme du crime sera le couteau de cuisine. Vous savez, le grand couteau aiguisé, celui dont on se sert pour couper le poulet familial du repas dominical. Trois coups de couteau dans l’abdomen. Pourquoi trois, ça aurait pu être deux ou quatre. Non, ce seront trois coups de couteau. Dans ma tête je me suis dit qu’il ne fallait pas viser trop bas parce que sinon je risquais d’abîmer mon utérus. Je ne pourrais plus faire d’enfants, ce serait un drame. C’est absurde, je suis absurde, je serai morte. Pense aux autres, à ceux qui t’aiment, c’est ce qu’on me dirait si je parlais de ma mort préméditée. Je m’en fous des autres, je m’en fous de ceux qui m’aiment. On dira de moi que j’ai été profondément égoïste, mais je ne serai plus là pour les entendre. Puisque je ne serai plus là, vous me suivez. Après il n’y a rien, je l’ai décidé et c’est ainsi. Il n’y a rien, encore heureux. Imaginons qu’on ait le devoir d’une autre vie après la vie, le calvaire serait infini, la responsabilité des parents devenant alors immense. Mettre au monde un enfant le condamnerait à vivre pour toujours. La mort fait peur aux gens, elle me rassure. Il y a un terme, une fin, un achèvement. Pour ma part, j’ai jugé en toute objectivité subjective qu’il valait mieux arrêter le désastre de gâchis qu’est ma vie au plus vite. J’avais tout en main, quand on naît toutes les potentialités sont ouvertes. Au fur et à mesure du temps, les portes se ferment, les possibles se réduisent, certains ouvrent les bonnes portes, moi je les ai toutes fermées. Je suis injuste, profondément injuste. Je pourrais penser à tous ceux qui ont voulu me guider, m’aiguiller, me soulever, me porter, me transporter. A ceux qui aujourd’hui encore le veulent, le voudraient bien du moins. Je crois que je n’ai pas trop du tout envie d’y penser. Je divague, je ne sais pas écrire, je n’ai jamais les jolis mots des autres, les mots qui sonnent juste. Mes mots sont dissonants à l’image de mon existence, on va dire que c’est un parti pris littéraire, histoire de se donner un air savant. Une dernière fois. Il faut dire que l’illusion est tenace, les gens me croient intelligente et cultivée. Ils se plantent, et moi ça m’arrange bien. J’ai toujours réussi à mettre un peu de vernis sur les choses histoire de ne pas paraître trop conne. Tout en me sentant bien sûr parfaitement ridicule. Je suis sûre que même quand ce soir je saisirai le couteau et l’enfoncerai profondément dans mes entrailles, je ne pourrai m’empêcher de penser que je suis une fois de plus ridicule. La dernière certes. Mais ce sera le summum du ridicule. Ça rime à quoi de se suicider. Les autres avancent, ils n’ont rien de moins que moi, rien de plus, ils avancent, ou pas, mais ne se plantent pas des couteaux dans le cœur. Peut-être que leur cœur à eux ne subit pas une hémorragie permanente. Peut-être n’ont-ils pas cette boule qui me dévore, me ronge, me brûle de l’intérieur. Ce nœud qui va du cerveau au cœur en passant par tout le reste. Psychosomatisation de la douleur morale, c’est d’un banal. Encore une fois je ne fais preuve d’aucune originalité. J’ai toujours fait n’importe quoi n’importe comment et on réussit quand même à me mettre dans des cases. Je trouve ça extraordinaire. Le gros tas de petits morceaux de rien du tout que je suis est un phénomène classique. Un humain. Comme les sept milliards d’autres. Des fois je me dis que j’aurais dû naître conne. Du type conne béate heureuse des petits riens et satisfaite de peu. C’est la recette du bonheur dans les bouquins de développement personnel. J’en rirais si j’en étais capable. J’ai pas vraiment l’humeur à rire mais il y a quand même un certain nombre d’ironies terrestres qui poussent à la dérision. Des fois je me dis qu’ont est vraiment tous fous, ça à la limite ça ne me dérange pas. Mais alors le nombre de cons parfaits qui vivent en toute quiétude sur la planète en nuisant si possible un maximum et en se satisfaisant grandement d’eux-mêmes m’éberlue. Là pour le coup je suis désolée mais je préfère ma lucidité à leur bêtise. Même si le prix à payer est la mort qui m’attend ce soir. A vrai dire je n’ai pas vraiment peur, aussi étonnant que cela puisse paraître. Je ne ressens ni soulagement, ni quiétude, ni engouement, ni fébrilité. J’attends mon rendez-vous, comme j’attendrais une consultation chez la dermatologue. Bonjour vous venez pour quoi ? Pour en finir. J’ai un couteau très efficace, l’effet est quasi-immédiat, quasi-certain, les aléas de la science, mais c’est ce que j’ai de mieux à vous proposer. Je vous dois combien ? Non non laissez c’est la société qui offre. L’humanité se débarrasse de moi gratuitement, si c’est pas cordial ça. J’avais pensé à emprunter la voiture familiale et à aller m’exploser sur une barrière d’autoroute, mais bon c’est cher une voiture, il ne faudrait pas que ma disparition cause trop de dégâts. Au stade où j’en suis il faudrait peut-être songer à écrire un petit mot, histoire qu’on accuse personne de m’avoir tuée. Que je rédige mon testament. Que je songe au devenir de mon chat. C’est un peu fatigant tout ça, et puis je vous l’ai déjà dit, je suis très égoïste. Je commence à me répéter, c’est pas bon, c’est pas vendeur. La redondance lasse, pourtant j’en ai lu des romans vendus très cher en librairie où l’auteur pensait donner du style à son écrit par l’usage systématique de la redondance. Un peu facile, je dis, mais bon tout le monde se fiche éperdument de ce que je pense y compris moi. La question à se poser serait alors mais pourquoi écrit-elle tout ceci. C’est vrai quoi, la tristesse, les idées noires, ce lieu commun qu’est le suicide, c’est du déjà-vu, un cliché. J’aligne des clichés, ça ne fait de mal à personne, je n’irais pas jusqu’à dire que ça me fait du bien, mais au moins ça me donne une contenance. Parce que sinon le temps semblerait long jusqu’à ce soir. Il faut remplir remplir remplir, se mettre des réveils, des rendez-vous, des horaires, des plannings, des agendas, des réunions. Ils remplissent en attendant, ne sachant pas ce qu’ils attendent, et ne se le demandant même pas. Moi j’ai cessé de remplir, je suis toute vide, et je me dis que c’est l’état naturel de l’homme finalement. Un homme qui ne serait pas entraîné par la société de remplissage serait vide, et heureux d’être vide. Le problème étant que je ne suis pas plus heureuse vide que quand je remplissais. Et qu’en plus je m’ennuie. Alors je dors. Fatiguée, très fatiguée. Beaucoup de sommeil à récupérer. Elle a besoin de repos. Laissez-moi dormir dormir dormir. Tiens j’ai écrit trois fois dormir, comme les trois coups de couteau. Coïncidence.
J’ai changé d’avis. Ça sera pour une autre fois. Ou pas.
samedi 25 avril 2009
Tu sais bien...
Tu sais la douleur de s’éveiller chaque matin dans un flou de terreur vague. Tu sais l’impossibilité d’aller prendre une douche quand on s’est couchée toute habillée, incapable de se dévêtir après le poids d’une journée de plus. Tu sais l’errance d’un café bu gorgée par gorgée accompagné d’une cigarette. Et puis la nécessité impérieuse de regagner son lit au plus vite. Tu sais le soulagement de retrouver la chaleur de la couette, de se lover en priant pour que le sommeil revienne au plus vite. Tu sais les pensées qui tournent et retournent dans la tête. Ce qu’il faudrait faire, ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il faudra penser à faire, ce qu’il faudrait penser à dire. Tu sais qu’il faudrait sortir de ta bulle. Tu sais que tu es la seule à y pouvoir quelque chose et qu’en même temps tu n’y peux rien. Tu sais que tu devrais prendre des pilules magiques, mais elles sont loin loin loin, hors de portée de ta main, si près mais pourtant si loin. Tu sais qu’il faut s’accrocher, tu le sais on ne cesse de te le répéter. Et pourtant tu n’as plus la force. Pas l’énergie de mouvoir ce corps inerte qui pèse si lourd. Lourd, lourd , lourd. Engourdi par la fatigue, ensommeillé de cauchemars, accablé d’angoisses. Ce corps qui te torture, tu sais le mal au dos, le mal au ventre, le mal à la tête, le mal de vivre. Tu sais qu’il faudrait travailler, tu sais qu’un jour personne ne sera plus là pour te relever. En fait tu sais qu’il n’y a déjà personne pour te relever. Et puis tu sais qu’ils vont disparaître tous un jour, que toi aussi tu vas disparaître, mais tu n’en à rien à faire. Tu disparais déjà dans la brume de tes pensées circulaires et sans issue. Tu sais que là maintenant il faut se reprendre, se ressaisir, se relever, et puis repartir, comme si de rien n’était. Mais tu ne peux plus, tu ne pourras plus jamais, tu es liée à la mollesse de ton matelas, à la chaleur de ta couette, à l’engourdissement de tes membres endoloris, au répit que tu crois trouver en dormant. Et pourtant plus tu attends, plus il sera dur de reprendre la vie en chemin, tu le sais ça,. Les autres avancent, les autres se projettent, les autres rient, les autres pleurent. Et toi tu gis inerte et les regarde défiler au loin ces étrangers. Ton monde est clos, personne ne peut y rentrer, il a ses clés que toi-même ne connais pas. Tu sais qu’il faudrait te laver, ils sont sales tes cheveux, et ça commence à te gratter. Et puis il faudrait que tu écoutes les douze messages en absence sur ta messagerie. Tu sais bien que tu as mis ton téléphone en silencieux, tu ne peux tout simplement pas répondre, et puis cette sonnerie te paralyse, te rappelle que tu es là sous la couette à faire semblant de dormir pendant que la vie continue de défiler sans toi. Tu sais le travail que tu as à faire, tu sais que là cette fois si tu laisses tomber, plus personne ne te suivra. Indigne de confiance, tu le sais, d’ailleurs tu sais bien que plus personne ne te fait confiance. Et puis tu rêves que tout cela s’achève, tout seul, pace que tu n’as même pas la force d’y mettre fin toi-même.
lundi 13 avril 2009
Je ne pleure pas.
Elle avait la tête enfouie dans l'oreiller. Elle retenait son souffle pour cacher sa respiration saccadée. Elle avalait ses larmes, contenait ses sanglots.
-Si tu pleurais, tu pleurerais pour quoi?
-Je ne pleure pas.
Silence.
-Mais si tu pleurais, tu pleurerais pour quoi?
Silence.
-Je pleurerais pour l'enfant qu'ils m'ont volée. Je pleurerais pour notre amour que j'ai méthodiquement saccagé. Je pleurerais pour mon désir qui s'est enfui. Je pleurerais pour l'enfant que je n'aurai jamais. Je pleurerais pour faire renaître notre amour. Je pleurerais pour que surgissent à nouveau nos folles étreintes. Je pleurerais parce que ma mère ne vit plus depuis longtemps déjà. Je pleurerais pour ne plus jamais me sentir aussi seule. Je pleurerais parce que je suis lasse de vivre. Je pleurerais parce que…
Des larmes.
-Parce que j’ai si peur de mourir. Parce que je refuse qu’ils meurent tous un jour. Je pleurerais pour l’égoïsme qui règne en roi. Je pleurerais pour ma folie, pour leur normalité, ou l’inverse je ne sais plus bien. Je pleurerais pour ceux qui sont seuls, qui n’ont rien, et dont je croise le regard perdu et vide. Je pleurerais pour avoir vendu mon corps. Je pleurerais d’être immonde à ce point, de me dégoûter moi-même. Je pleurerais pour mes mauvaises pensées, pour celles des autres que je ne devine pas toutes. Je pleurerais parce que j’ai peur.
Alors elle renifla et replongea la tête dans l’oreiller.
-Mais je ne pleure pas.
jeudi 9 avril 2009
Fatiguée
J'essaye de faire de mon mieux. De faire comme d'habitude. De continuer à me lever, à me doucher, à manger, à travailler. D'avancer malgré tout. Mais cette fois-ci ça ne marche pas du tout. Je suis envahie d'idées morbides. Une langueur insurmontable m'empêche de retrouver un semblant de sourire. Chaque geste, chaque acte du quotidien, chaque rendu me demande une énergie incommensurable. Je m'épuise, je suis épuisée. J'ai juste envie de rester blottie dans mon lit, de ne plus jamais en sortir. Je suis fatiguée, tellement fatiguée. J'ai des crampes au ventre en permanence, des maux de tête qui martèlent mon cerveau, on pourra dire que c'est psychologique, il n'empêche que la douleur, elle, est bien réelle. Je n'ai plus envie d'avancer, plus la force de faire ces efforts permanents qui m'abattent progressivement.
mardi 24 mars 2009
Bonheur
Mon père m’a demandé : « qu’est ce qui te rend si heureuse ? » Je sautillais comme une enfant, valsant d’un pied sur l’autre, à petits pas de danseuse. Je souriais intérieurement mais une esquisse de fossettes devait se lire sur mon visage. J’ai juste répondu : «Lui». Comme si cela suffisait à expliquer. Comme si son prénom seul résumait l’ensemble de ce qui me rendait heureuse. Peut-être pas heureuse comme le disent les autres. Ceux qui exigent du bonheur qu’il soit rationnel, complet, durable. Le mien est fragmentaire, morcelé, incontrôlable, fini. J’exulte à un instant dont je jouis pleinement, et qu’importent les larmes qui suivront. J’aurai gravé une euphorie momentanée dans mon cœur, une euphorie dont je me souviendrai à tout jamais. Puisque je vis par mes souvenirs, par mes rêves, par mes désirs, mêlant souvent les trois, sans y chercher une quelconque cohérence. Je cueille, j’accueille chaque moment de bonheur, chaque sourire entier, je ne cherche ni à le provoquer, ni à le retenir ; c’est là toute sa valeur. Je n'essaye pas non plus de comprendre ce que j’appelle bonheur, ce sentiment de complétude apaisée et exaltée à la fois. Je voulais juste te dire que ce soir tu m’avais rendue heureuse. Et que seul compte ce moment de grâce où tout s’évanouit autour pour ne laisser place qu’au sentiment intense d’être vivante.
lundi 23 mars 2009
(presque) rien
J'ai envie de balades main dans la main le long de la mer, les pieds dans le sable, les cheveux au vent. J'ai envie de sorbet à la framboise, de granizado au citron, de Coca Light bien frais à une terrasse ensoleillée. J'ai envie d'éclats de rire à l'infini sous ma couette rose et violette. J'ai envie de baisers dans le cou, de caresses m'effleurant à peine. J'ai envie de me replonger dans les dizaines d'albums photos retraçant l'histoire familiale. J'ai envie de plonger dans les eaux glacées de canyons pyrénéens. J'ai envie de laisser le soleil dorer mon visage, éclaircir mes cheveux, illuminer mon coeur. J'ai envie de courir courir courir. J'ai envie de rire pour rien, de raconter n'importe quoi, de pleurer de joie. J'ai envie que tu t'empares fermement de moi et que tu me fasses plonger mon visage dans l'oreiller. J'ai envie de marcher au hasard des nuits dans ce quartier que j'aime tant avec mon amoureux et mon chat. J'ai envie d'ouvrir à nouveau le couvercle de mon piano et d'y bafouiller quelques notes d'une mélodie. J'ai envie d'apprendre par coeur les lignes de ton corps et de ton visage et de les réciter à l'infini. J'ai envie d'apprendre à aimer, j'ai envie d'avoir confiance en ce printemps souriant. J'ai envie que tu m'attrapes par la main et que tu me guides vers notre bonheur. J'ai envie de lire avec toi jusqu'à ce que la nuit nous surprenne sur les bords de Seine. J'ai envie d'ouvrir ma fenêtre maintenant qu'il est revenu, le soleil, qu'il est revenu soigner mes douleurs et mes peurs. Et j'ai envie de chanter un hymne à notre histoire, à notre bonheur. Et qu'importe si je chante faux, si j'écris de travers et aime à contre-temps, du moment que je peux vivre à nouveau.
mercredi 18 mars 2009
Tout est dit.
Je sais que ce qui suit va te faire du mal et crois-moi, ça n’a rien de facile ni d’agréable pour moi que de te l’écrire. Je ne souhaite pas que l’on reste ensemble, je ne crois pas que l’on soit faits l’un pour l’autre. Je ne compte pas te faire de reproches, je ne compte pas être méchante avec toi. C’est juste que je ne me sens pas bien, que je ne suis pas à l’aise avec toi, que je n’arrive pas à croire en notre histoire. Je ne t’ai pas menti, je n’ai pas cherché à me moquer de toi, il m’a juste fallu un peu de temps pour comprendre que tu ne me correspondais pas. Je ne peux pas faire semblant, te faire croire plein de choses que je ne pourrai te donner ou t’apporter. J’y ai cru pourtant, mais non, il faut bien se rendre à l’évidence, ça ne marchera pas entre nous. Tu n’as rien à te reprocher, tu as été parfait. J’aurais voulu avoir le courage de te dire en face que je te quittais, mais je n’ai pas pu, je ne voulais pas te rendre triste, je ne voulais pas briser ton sourire. Je ne te propose pas que nous restions amis, ça serait déplacé, mais je reste là pour toi, peut-être pas tout de suite, mais à l’avenir. Surtout ne te reproche rien, ne te dis pas « j’aurais du », c’est moi, c’est juste moi… Les secrets d’une relation amoureuse sont assez obscurs, je ne pense pas que ce soit la faute à qui que ce soit, c’est juste une question d’alchimie. Ne sois pas triste, ne pense pas de mal de toi, évite de trop m’en vouloir, tu trouveras quelqu’un qui te correspondra mieux que moi, j’en suis sûre… Je ne te quitte pour personne d’autre. Il me reste à te dire au revoir, et à te souhaiter tout le bonheur du monde, sans aucune ironie.
mardi 17 mars 2009
Soleil.
Les mecs se remettent à pisser entre deux voitures. Les pétasses blondasses à faire les magasins à Saint-Germain. Les étudiantes ressortent leurs petites robes à fleurs des placards. Et les hommes recommencent à draguer intensivement dans la rue, tiraillés par leurs hormones. Pas de doute le soleil est réapparu sur Paris. La vie va pouvoir recommencer.
mercredi 11 mars 2009
...
Je suis amoureuse. Un des ces amours qui vous tombent dessus comme une évidence. Un amour qui obnubile. Il faut veiller à ne pas ne renouveler mes erreurs. A ne pas cesser de vivre hors de lui. A m'acharner pour finir mon année d'études, même si la motivation a disparu. Je suis heureuse, mais mon bonheur est une bulle fragile, une histoire d'amour qui débute, des résultats moins mauvais, des relations apaisées avec mes parents... Le bonheur m'inquiète.
dimanche 8 mars 2009
Poèmes et dessins
J'ai mangé du vertige et bu de la folie.
Et c'est pourquoi je traîne un corps débilité
Où ma jeunesse meurt dans ma force abolie.
(La capitale, La nuit, Iwan Gilkin)
Captive de la plaine, agonisante folle,
La lumière sur toi se cache, vois le ciel:
Il a fermé les yeux pour s'en prendre à ton rêve,
Il a fermé ta robe pour briser tes chaînes.
(Première du monde, Capitale de la douleur, Paul Eluard)
Névroses puériles
Je passai des heures à tenter vainement de m'endormir. L'angoisse m'oppressait, m'empêchait de respirer, me tordait le ventre. Cette peur soudaine bien que récurrente qu'il se rende compte finalement que je ne suis pas à la hauteur. Pas assez jolie, pas assez cultivée, pas assez drôle, pas assez douée au lit. Et je repassais mes échecs, mes insuffisances. Le film en boucle de son retour à Paris, où il prendrait soudainement conscience de ma nullité et me quitterait. Ma banalité imparfaite comme raison suffisante. Et le sommeil qui me gagna enfin me fit voguer de cauchemar en cauchemar, et je me réveillai au matin encore plus inquiète que la veille au soir.
mercredi 4 mars 2009
Inquiétudes
Je me sens aussi ridicule -et vulnérable- qu'une ado de quatorze ans à son premier rendez-vous. Sauf que je n'ai plus quatorze ans. Que c'est loin d'être mon premier rendez-vous. Et que ça n'est même pas notre première rencontre. J'ai tendance à croire que les craintes qui m'assaillent sont communes à toutes les relations sentimentales qu'on aimerait voir durer. Toujours cette peur de ne pas être à la hauteur. Pas assez jolie. Pas assez intéressante. Un peu maladroite. Et puis j'ai tellement peur de tout faire rater, comme toujours. Peur de dire quelque chose de compromettant. Peur de trop parler, de ne pas assez m'exprimer. D'être trop aguicheuse, ou pas assez séduisante. Trop commune, ou trop étrange. C'est si difficile d'être soi quand on voudrait plaire.
Je peux dire Nous à nouveau.
Je me surprends à rêver à nouveau d'amour. J'ai fait une rencontre plus jolie que je ne l'aurais jamais esperé. Et voila comment à trois heures du matin je ne dors toujours pas, en pensant à lui, à ses petites attentions, à ses sourires, à nos baisers, à mes éclats de rire. On pourrait dire que je suis pitoyable. Mais pour une fois je ne le pense pas. Je préfère être réveillée par mon bonheur que par mes malheurs.
vendredi 27 février 2009
Sur le départ
Je m'en vais voir la mer. Celle que j'aime tant, celle dont je connais les moindres rochers. la mer houleuse de la côte sauvage. Et puis tant que j'y suis j'irais aussi prendre mon premier bain chez sa voisine plus calme... Et puis je prendrai des jolies photos. Et je laisserai perdre nos éclats de rire dans le vent. Et...
samedi 21 février 2009
Rien à voir
Je rentre chez mes parents avec le chat... Je vais essayer de me déconnecter un peu de ma misère, me remettre à mes projets graphiques, me remettre à courir, continuer à m'abreuver de lecture...
Oublier les hommes un temps. Je suis arrivée à saturation de connards.
C'est étrange de devoir "faire attention" à ne rien dépenser de trop quand on a toujours vécu dans l'abondance relative.
La photo n'a rien à voir: je l'ai prise à Soho...
vendredi 20 février 2009
bacK
De retour. Encore plus perdue. Encore plus seule. Encore plus triste. Je ne pensais pas que l'on pouvait descendre encore.
jeudi 12 février 2009
Sans titre.
J'aurais envie de certitudes. Mais on n'est jamais sûr de rien. Et même ce dont on est sûr peut s'effondrer en un instant.
Je voudrais faire le vide. Rêve illusoire d'apesanteur. De légèreté. D'insouciance.
mercredi 11 février 2009
Gommer.
Je crois bien que tout est fini. Je crois bien que je n'ai plus envie de combattre. Je crois bien que je n'ai plus la volonté de survivre. Je crois bien que la vie que je mène est absurde. Je crois bien que rien ne se profile à l'horizon qui me fasse avancer. Je crois bien qu'il est temps de renoncer. Je crois bien que je n'ai plus envie de ça. Que je n'ai plus envie de rien.
J'aspirais à l'amour fusionnel le plus total. J'aspirais à des échanges humains ennivrants, exaltants, enrichissants. J'aspirais à la douceur, à la bonté. Je rêvais de donner la vie. De partir en voyage. De savoir dessiner, jouer de la musique, chanter, danser.
Mais tout est si sombre. J'ai vécu trop de souffrance en vingt-et-un ans, plus que je n'aurais pu en supporter dans toute ma vie. Je n'ai aucun lien, aucune attache, aucun désir. Je n'ai plus plus de corps, plus de rêves, plus de répit.
Je vais juste effacer l'esquisse de moi qui s'est égarée parmi le monde des vivants. Gommer l'erreur que je suis. La vie m'a déclarée inapte.
mardi 10 février 2009
Tourner la page.
Il fallait couper les ponts. Me libérer de son emprise, de ses étreintes, de sa présence. Je ne l'ai pas fait de gaieté de coeur. Mais consciente qu'il n'y avait aucune autre solution à mes maux.













